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LPC - Les Pierres qui Chantent

Cabinet associatif d'étude et expertise en architecture et acoustique. Amélioration de l’habitabilité acoustique des logements pour personnes vulnérables et handicapées. Assistance à Maitrise d’Ouvrage en BTP. LPC travaille en lien avec le laboratoire d'Architecture UMR 7218 CNRS, des agences d’architectes, des établissements médico-sociaux, et contribue à la formation professionnelle dans ses disciplines d’étude. LPC est propriétaire du Label "Haute Qualité Acoustique". CONTACT 06 63 16 87 89

Architecture - Phénomènes acoustiques et neurosciences

Publié le 10 Février 2017 par Olivier MANAUD - Cécile BARRANDON

Voici enfin quelques éléments complémentaires sur ce sujet déjà amorcé l'an dernier.
 
Lors de nos investigations concernant les phénomènes sonores identifiés dans les abbayes médiévales, nous avions voulu approfondir l'analyse scientifique par le biais de protocoles IRM.
 
Les échantillons sonores utilisés avaient été réalisés à l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé (choeur des moines) d'une part et en studio d'autre part (acoustique neutre, sans aucune réverbération).
Les modules vocaux étaient exactement tous les mêmes (tonalité, diapason, tempo). L'enjeu était d'identifier l'impact sur le cerveau humain des phénomènes acoustiques spécifiques du chant grégorien sous les voûtes romanes. Les enregistrements réalisés ont été diffusés lors d'IRM au laboratoire de l'Hôpital de Paris Bicêtre sous la direction du professeur Ducreux.
 
Nous avons bien observé des différences d'activation entre l'enregistrement dans le choeur et celui en studio, notamment dans l'aire de Brocca (une des aires du langage), dans le Cortex pré-frontal (jouant un rôle dans la régulation des émotions) et dans le cortex cingulaire (jouant un rôle dans différentes fonctions cognitives et affectives comme la prise de décision et l'empathie). Ainsi, l'écho-système architectural de résonance des voûtes romanes apporte bien une formidable plus-value à la voix humaine, stimulant les mécanismes de l'émotion, de l'empathie et de la décision. Ce résultat est très précieux car il corrobore nos travaux universitaires antérieurs, apportant une confirmation neuroscientifique très claire.
 
Ainsi "l'efficacité" du chant grégorien est nettement associée à son site architectural de déploiement ; alchimie du chant et de l'écho.
 
LA QUESTION DES BATTEMENTS BINAURAUX EN SUSPENS
 
Une autre intrigue guidait nos investigations: celle des battements binauraux. En lien avec Kerwin Rolland, nous avions identifié, par d'autres protocoles, des phénomènes de battements stéréophoniques avec un léger décalage de fréquence entre les deux oreilles. Cela avait été mesuré dans la même abbaye Sainte-Croix de Quimperlé. (Lire l'article universitaire paru dernièrement aux éditions Picard dans l'ouvrage collectif L'église, lieu de performances, sous la direction de Nicolas Reveyron et Diane Daussy).
En ce qui concerne l'analyse IRM, nous avons utilisé trois échantillons sonores pour effectuer un protocole de comparaison afin d'identifier les éventuelles stimulations du cerveau en présence (ou non) de battements binauraux. Les deux premiers sont ceux utilisés ci-dessus, et le troisième est l'échantillon réalisé en acoustique neutre auquel Kerwin a rajouté (en montage numérique) des battements binauraux de synthèse.
 
Les résultats mesurés indiquent que l'enregistrement studio et celui avec les battements binauraux ne présentent absolument aucune différences. A l'opposé, la comparaison de l'enregistrement dans le choeur avec celui des battements binauraux de synthèse présentent des différences d'activation complétement aberrantes. (voir image ci-dessous)

 
Au vu des résultats nous ne pouvons pas conclure sur l’existence ou non de battements binauraux et d'un quelconque effet neurologique. Après discussion avec Jean-Baptiste Billaud et Denis Ducreux, il nous est recommandé de vous tourner vers une équipe de recherche pratiquant l'électro-encéphalographie (EEG). L'EEG est un "simple" bonnet avec de multiples électrodes enregistrant les variations d'activité électrique cérébrale. Il présente le gros avantage d'être totalement silencieux et de ne pas avoir de contraintes matérielles, ce qui veut dire que la stimulation auditive peut être réalisée avec un casque stéréophonique ordinaire. En effet, l'énorme limite des protocoles IRM, en matière d'investigation acoustique, sont les contraintes énormes de bruits de l'appareil.
 
Aussi la question de l'identification des battements binauraux reste en suspens...

 

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