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LPC - Les Pierres qui Chantent

Cabinet associatif d'étude et expertise en architecture et acoustique. Amélioration de l’habitabilité acoustique des logements pour personnes vulnérables et handicapées. Assistance à Maitrise d’Ouvrage en BTP. LPC travaille en lien avec le laboratoire d'Architecture UMR 7218 CNRS, des agences d’architectes, des établissements médico-sociaux, et contribue à la formation professionnelle dans ses disciplines d’étude. LPC est propriétaire du Label "Haute Qualité Acoustique". CONTACT 06 63 16 87 89

Quand l'acoustique permet d'aménager l'habitat des personnes autistes

Publié le 24 Février 2017 par O. MANAUD - C. BARRANDON

Les qualités sonores appréciées par les uns peuvent être insurmontables pour d’autres. Des personnes autistes ou atteintes de troubles psychiques sont parfois incapables de supporter des sons qui sont considérés comme bénins par le reste de la population.

La RADIO Vivre FM a réalisé une petite interview sur les activités de l’association. Vous pouvez en écouter un extrait en podcast en cliquant sur le lien suivant :

EMISSION DU 28 JANVIER 2017

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Acoustique des cabinets médicaux et respect du secret professionnel

Publié le 20 Février 2017 par Olivier MANAUD - Cécile BARRANDON

Nous avons souvent constaté que certain cabinets médicaux sont très mal insonorisés et nécessiteraient un diagnostic acoustique et quelques travaux. L'enjeu prioritaire est de préserver le secret professionnel. Mais il y en a bien d'autres ! Voici quelques éléments indicatifs pour encourager les médecins et les maisons de santé à soigner la qualité acoustique de leurs locaux: 

1- FAIRE MIEUX QUE LE CADRE REGLEMENTAIRE

  • Le secret professionnel : Extrait de l’article 71 du Code de Déontologie Médicale (article R.412771 du CSP) : « Le médecin doit disposer, au lieu de son exercice professionnel, d’une installation convenable, de locaux adéquats pour permettre le respect du secret professionnel (…) ». L’insonorisation du cabinet médical est donc indispensable pour préserver le secret professionnel
  • L’accessibilité aux personnes avec handicap sensoriel : Article L1117 du Code de la Construction. Or, dans la pratique, la question de l’accessibilité se réduit trop souvent à la seule prise en compte du handicap physique.
  • Des normes architecturales insuffisantes : Ces normes ont plusieurs lacunes, comme la seule prise en compte des intervalles d’octaves centrés sur 500, 1000 et 2000Hz. C’est à dire qu’il y a un vide juridique pour les basses fréquences.

2- CONSTATS

  • L’inconfort des patients : Ce sont eux les meilleurs juges de la qualité acoustique d’un cabinet médical. Ils entendent les conversations derrière les portes ou dans les couloirs.
  • La fatigue du personnel d’accueil ou de secrétariat : le niveau de bruit de fond trop important est cause de pénibilité au travail.
  • Les locaux sont parfois trop réverbérants, et le simple fait d’y parler suscite des phénomènes sonores fatiguants pour le praticien.
  • Le bruit des équipements peut entrer en résonance avec les dimensions de la pièce et causer une fatigue cumulée au fil des jours.

3- ENJEUX D’UNE HAUTE QUALITE ACOUSTIQUE

  • Un plus grand confort pour les patients et un meilleur respect du secret professionnel.
  • Diminuer la pénibilité acoustique des employés.
  • De meilleures conditions de travail.
  • Une notoriété de qualité de prestation.

4- OBTENIR LE LABEL DE "HAUTE QUALITE ACOUSTIQUE"

  • Faire appel au Cabinet LPC qui vous transmettra une fiche d'enquête.
  • Faire un diagnostic acoustique de votre établissement.
  • Mener d’éventuels travaux d’aménagement intérieur (architecture et/ou mobilier)
  • Remise d’un certificat de « Haute Qualité Acoustique » par le cabinet de conseil en acoustique architecturale LPC.

 

Voir aussi l'article suivant : http://blog.madeformed.com/insonorisation-cabinet-medical/

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Architecture - Phénomènes acoustiques et neurosciences

Publié le 10 Février 2017 par Olivier MANAUD - Cécile BARRANDON

Voici enfin quelques éléments complémentaires sur ce sujet déjà amorcé l'an dernier.
 
Lors de nos investigations concernant les phénomènes sonores identifiés dans les abbayes médiévales, nous avions voulu approfondir l'analyse scientifique par le biais de protocoles IRM.
 
Les échantillons sonores utilisés avaient été réalisés à l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé (choeur des moines) d'une part et en studio d'autre part (acoustique neutre, sans aucune réverbération).
Les modules vocaux étaient exactement tous les mêmes (tonalité, diapason, tempo). L'enjeu était d'identifier l'impact sur le cerveau humain des phénomènes acoustiques spécifiques du chant grégorien sous les voûtes romanes. Les enregistrements réalisés ont été diffusés lors d'IRM au laboratoire de l'Hôpital de Paris Bicêtre sous la direction du professeur Ducreux.
 
Nous avons bien observé des différences d'activation entre l'enregistrement dans le choeur et celui en studio, notamment dans l'aire de Brocca (une des aires du langage), dans le Cortex pré-frontal (jouant un rôle dans la régulation des émotions) et dans le cortex cingulaire (jouant un rôle dans différentes fonctions cognitives et affectives comme la prise de décision et l'empathie). Ainsi, l'écho-système architectural de résonance des voûtes romanes apporte bien une formidable plus-value à la voix humaine, stimulant les mécanismes de l'émotion, de l'empathie et de la décision. Ce résultat est très précieux car il corrobore nos travaux universitaires antérieurs, apportant une confirmation neuroscientifique très claire.
 
Ainsi "l'efficacité" du chant grégorien est nettement associée à son site architectural de déploiement ; alchimie du chant et de l'écho.
 
LA QUESTION DES BATTEMENTS BINAURAUX EN SUSPENS
 
Une autre intrigue guidait nos investigations: celle des battements binauraux. En lien avec Kerwin Rolland, nous avions identifié, par d'autres protocoles, des phénomènes de battements stéréophoniques avec un léger décalage de fréquence entre les deux oreilles. Cela avait été mesuré dans la même abbaye Sainte-Croix de Quimperlé. (Lire l'article universitaire paru dernièrement aux éditions Picard dans l'ouvrage collectif L'église, lieu de performances, sous la direction de Nicolas Reveyron et Diane Daussy).
En ce qui concerne l'analyse IRM, nous avons utilisé trois échantillons sonores pour effectuer un protocole de comparaison afin d'identifier les éventuelles stimulations du cerveau en présence (ou non) de battements binauraux. Les deux premiers sont ceux utilisés ci-dessus, et le troisième est l'échantillon réalisé en acoustique neutre auquel Kerwin a rajouté (en montage numérique) des battements binauraux de synthèse.
 
Les résultats mesurés indiquent que l'enregistrement studio et celui avec les battements binauraux ne présentent absolument aucune différences. A l'opposé, la comparaison de l'enregistrement dans le choeur avec celui des battements binauraux de synthèse présentent des différences d'activation complétement aberrantes. (voir image ci-dessous)

 
Au vu des résultats nous ne pouvons pas conclure sur l’existence ou non de battements binauraux et d'un quelconque effet neurologique. Après discussion avec Jean-Baptiste Billaud et Denis Ducreux, il nous est recommandé de vous tourner vers une équipe de recherche pratiquant l'électro-encéphalographie (EEG). L'EEG est un "simple" bonnet avec de multiples électrodes enregistrant les variations d'activité électrique cérébrale. Il présente le gros avantage d'être totalement silencieux et de ne pas avoir de contraintes matérielles, ce qui veut dire que la stimulation auditive peut être réalisée avec un casque stéréophonique ordinaire. En effet, l'énorme limite des protocoles IRM, en matière d'investigation acoustique, sont les contraintes énormes de bruits de l'appareil.
 
Aussi la question de l'identification des battements binauraux reste en suspens...

 

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